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Date : 1 janvier 1970 - 0 h 00 min

Interview Gasmask Terror by Fu

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ATTENTION WARNING ZONE TRIPLE I : Interview Intégrale et Intègre ! Si comme moi cela vous peut vous fatiguer de parcourir une dizaine de pages, même tapées en gros caractères sur un écran, alors il vous est fortement conseillé pour apprécier pleinement ces quelques passages pas sages d’histoire du Punk à Montaigu de tirer un bon coup sec sur le lanceur de votre imprimante.

Publication d’Outre-tombe suite à Icroak’ Error(*), aka Interview d’Outre-tombe : Gasmask Terrör

Déjà venus nous ravager la scène d’un chap ‘ à Clisson en 2005 à l’initiative d’Aïnu, c’était cette fois à l’occasion d’une soirée coprod’ Aïnu / Soap il y a un an au Foyer que l’anar-rythmétique groupe punk/hardcore bordelais avait rejoint une nouvelle fois nos contrées…Allez, pas de bla-bla, on y va : « 1 !2 !3 : Ratatata…!»

Star(te)ring…

                 Olivier / Mic’… Fabro / Basse et Chœurs… Shiran / Guitare et 2nde voix … Luc / Batterie

L’origine de votre nom de groupe…Pourquoi « Gasmask » ? Comment c’est venu?

>Luc : Au début on avait une idée très précise du style qu’on voulait faire, donc voilà très influencé« Discharge »-machin et euh (léger rire) avec pas forcément un truc très original et du coup on s’est dit on va prendre un nom assez autoroute [>Shiran : assez bateau ], cliché, voire presque parodique, c’était un peu le truc du chapeau où tu mets des mots comme ça et tu pioches deux mots au hasard et ça donne ça.

> Olivier : C’est vaguement ça

> Shiran : Ouais des mots qui sont dans l’esthétique du Crust, t’sais « gasmask » plus « terrör »,

> Fabro : Ouais juste un truc abusé/ j’crois qu’on avait fait le coup du chapeau non ?

> O et F: Non on l’a jamais fait mais c’était le principe.

> L : Ça va vraiment pas chercher loin et y’a pas de signification particulière

> O : Y’avait un peu d’humour dedans aussi!

> L : Un peu d’autodérision quoi -!

Sur votre site (.free) on y voit très clairement indiqué la mention « Punk nique MySpace », pouvez-vous développer, argumenter…?

> S : Maintenant, de toutes façons le MySpace il s’est niqué tout seul! (Rires générales)

> O : Nous on a jamais vu l’utilité de ce truc-là, on trouvait ça un peu ridicule le côté collection d’amis virtuels…

> F : C’était tellement pas nécessaire en fait et puis toutes ces pages qui se ressemblent toutes, qui sont hyper-formatées alors que c’est facile de faire un p’tit site à la con ou de demander à quelqu’un qui s’y connait de faire un site, c’est vite fait, tu peux mettre tes morceaux pareil et tout!

…On va dire que c’est de l’anticonformisme spectaculaire?

> L : Ouais un peu

>F : Tu vois c’est pas non plus comme les anarcho-punks qui sont là : « Ouais Murdoch, Rupert Murdoch, c’est qu’un gros con de propriétaire, et tout ça »

> L : C’est pas tellement politique en fait c’est plus un fonctionnement…

> F : C’est vaguement politique mais c’est pas non plus genre « Ouais (véner) c’est tenu par Murdoch, tout ça » – bon

> O : Ouais, c’est le côté tellement ridicule de MySpace…

> F : Ouais et tellement superficiel!

> L : Et qu’est devenu soi-disant obligatoire donc si t’as pas ta page MySpace on peut pas te contacter, tu fais pas partie du réseau…Nous…

> O : Nous on s’en fout c’est pas notre réseau!

> L : Nous voilà, c’est un peu la preuve quon a pas besoin d’avoir 40 000 amis MySpace pour faire des concerts, des disques et des tournées, et cætera…

C’était plus on va dire par souci de respect d’authenticité par rapport à vous-mêmes plus que de fucker le patron de MySpace?

> L : Oui voilà

> O (D’un ton trop sérieux pour pas être en train de déconner-genre je fais le bon petit soldat-robot qui se prête au jeu de l’interview et qui te donne ce que tu cherches sans chercher quoi que ce soit ; il se rapproche exprès du magnéto) : Oui c’est tout-à-fait ça. (Rires générales)

> F : Un côté superficiel, le côté genre vraiment super flou du truc, genre t’sais les commentaires où finalement c’est que des pubs de merde

> O : Moi ce que j’aime bien préciser aussi c’est que tous, on bouge sur des concerts ou on joue dans des groupes depuis longtemps, on a des correspondants à qui on envoie des lettres depuis 10 ans -15 ans, et que en fait c’est comme ça qu’on s’est construit un réseau à travers des vrais relations, de gens qu’on rencontre au fur et à mesure des années, c’est pas un truc qui s’est fait du jour au lendemain…MySpace ca veut dire l’immédiateté des choses aussi .« Tu veux être mon ami ? » T’as l’impression d’être dans la cour d’école!

Oui cette espèce de sublimation du présent et donc pas de rapport au temps, ou à une temporalité humaine?

> L /S/ O : Oui c’est ça

> O : Et je trouve que c’est important de prendre son temps de faire les choses et de construire des vrais relations au final plutôt qu’un truc aussi superficiel et ridicule quoi

Alors depuis combien de temps jouez-vous ensemble et raconter nous un peu ce que vous faîtes, votre parcours de groupe…

> L : On a commencé en septembre 2003 Fabro et moi, l’idée ca venait de nous deux en fait, on avait l’idée de faire ce groupe précis avec un style vraiment précis…

> F : …Très « Totalitär », « Discharge »…

> L : … Cliché quoi, mais on avait envie de jouer ce style là et on a pensé à Shiran pour la guitare puisqu’on savait qu’il adorait Discharge et puis les riffs, et du coup on cherchait un chanteur et on savait qu’Olivier venait s’installer sur Bordeaux et on lui a proposé parce qu’on s’est dit (Rire de Fabro) Bon on savait pas comment il chantait mais on s’est dit on va tester!On va tester! Il est mignon, il est…

> F : Il est marrant!… Des fois!

> L : Ouais des fois il est rigolo, enfin voilà on lui a proposé et on a commencé à faire des concerts début 2004

>O (genre zinzin hyperactif) : …et on a jamais arrêté! (Rire G)

> L : Et puis voilà. Du coup ça fait 7 ans qu’avec le même rythme de batterie et les mêmes trois cases de manche de guitare on fait et on a fait je sais pas combien de disques et j’sais pas encore…

> S : …une centaine de concerts facile…

> O : On est à 150 concerts à peu près ouais!

> L : En faisant toujours la même chose quoi!

Le but c’est vraiment d’faire un groupe de Crust no prise de tête!?…

> L : Voilà et qu’on s’amuse toujours à le faire

> F : Enfin « Crust » c’est juste un terme mais on tient quand même au côté Hardcore du truc, c.-à-d. l’énergie tu vois, parce que le Crust des fois c’est du gros son un peu lourd, un peu « Oüüüäääeeüüüh… » Tu vois nous on aime vraiment bien le côté énergique, un p’tit peu rapide quand même du côté vraiment plus scandinave du truc, moins métal.

Pour vous tous, musiciens poly-groupes, Gasmask est-il l’Autre groupe qui vous permet en quelques sortes de sortir de vos processus créatifs « classiques » pour mieux y revenir? En fait, est-ce-que si vous aviez pas Gasmask vous auriez peur de tourner en rond avec vos autres groupes? Est- ce-que ca sert de «soupape » pour que l’inspiration se renouvelle au sein de vos autres formations? (Un ange passe)

> F : Moi non! (Rires des autres) J’intellectualise pas du tout la musique comme ça, enfin « intellectualiser » c’est peut-être fort comme mot mais déjà moi « processus créatif » ça me parle pas du tout comme terme…Ça te fait chier?

> L : Ouais !

> F : Non non, tu vois, sans hostilité aucune (Rire de Luc), c’est juste un truc auquel j’réfléchis jamais du tout

> L : Ouais moi c’est pareil!

> F : Gasmask Terrör c’est juste un truc qu’on avait envie de faire, c’est le style qu’on aime bien et puis voilà, genre on se pose pas plus de questions que ça

Vous seriez pas moins inspirés tous les deux avec vos autres groupes si y’avait pas Gasmask? Z’auriez pas peur de vous lasser?

> L /F : Non-non-non…

> S : C’est sûr que perso, pour moi y’a un côté assez récréatif dans Gasmask que j’ai moins dans « Monärch » (Sludge) ou « Year Of No Light » parce que c’est des musiques quand même plus…c’est moins récréatif quoi! (Rire G)

> F : C’est plus contenu quoi?

> S : Voilà, on peut dire ça, mais après moi pour chacun de mes groupes c’est vraiment 100% chaque groupe quoi, y’a pas un groupe plus ou moins, quand je suis dans Gasmask mais c’est genre c’est Gasmask – point. Je pense à ça… Je… J’arrive pas à faire passer l’un après l’autre ou quoi, c’est tout ensemble et c’est comme ça quoi, ca fait partie de moi…comme une de mes facettes, j’ai plusieurs facettes : Y’a Gasmask, y’a Monärch, et d’autres groupes encore

Ouais, y’a Year Of No Light, George Bitch Junior (Power violence), je sais pas si tu joues encore dans…Les Coro…

> S : « Los Cojonudos »!? (Rock Espagnol) Si si si

> O : Pfff (ça déclenche le rire de Fabro et Luc)

> F : Enfin virtuellement quoi! (Rires d’Olivier et Luc)

> S : Ouais-ouais non, le plus récréatif c’est pas Gasmask, le plus récréatif c’est Los Cojonudos (Les rires continuent, Luc balance un « Ouais-ouais » genre « je sais très bien que tu dis ça juste pour répondre à la provoc de Fabro!») Il continue : Si je dois laisser tous mes groupes pour un seul ce sera Los Cojonudos mais ça se fera jamais! (Ils sont tous morts de rire) En s’adressant aux autres : Non mais vous l’savez en plus!! (Re-rigolade)

> O : Non mais en fait, on écoute tous plein de musiques différentes et en fait je pense qu’on aime jouer dans autant de groupes différents aussi que ça implique en fait quoi

>S : Olivier, c’est toi qui fais le plus grand écart musical quelque part?

> O : C’est moi qui fait le plus grand écart musical, ouais ouais, oui!

Parce qu’Olivier toi t’as un groupe de…?

> O : Moi j’joue dans deux groupes, enfin en ce moment cinq groupes : deux groupes de Black Métal et un plus Post-Punk à synthé et un autre de Hardcore très bruyant, « Warning Warning », et pour moi c’est comme Shiran 100% dans chaque groupe, j’mets aucun groupe avant l’autre.

Et tu trouves que tes groupes de Black Métal font plus le grand écart qu’avec le Shoegaze de Year Of No Light par exemple ?

> O : C’est p’tête plus avec mon groupe post-punk-synthé qu’il y a vraiment un grand écart mais après moi j’fais aussi des trucs tout seul de musiques industrielles, power-electronics-machin, chépa…C’est juste une culture musicale en général et le fait de juste aimer jouer de la musiquequoi…

> S : Et dans les styles qu’on fait chacun, on fait pas des styles un peu bâtards, dans chacun de ces groupes qu’on à c’est à chaque fois…? Gasmask c’est radicalement du D-Beat quoi, y’a pas d’autres trucs…Monärch c’est genre « lent » quoi, euh « Chambre Froide » c’est du « Black Métal », voilà. Y’a pas de truc un peu…

… Cocktail ? (Comme j’ai pu lire dans une autre interviou que vous aviez donné)

> S : Futile, ça trace!… Après je crache pas du tout sur les groupes qui font ça (par rapport à « Cocktail »), c’est très bien aussi, d’avoir plusieurs implants c’est très sain… mais j’ai l’impression qu’on a envie d’être un peu… (c’est le bordel, ils parlent tous en même temps)

> F : En fait on est des gros nerds de musique et quand on fait des groupes ils sont ultraréférencés.

> S/O/L : Ouais voilà, c’est ça, c’est vrai!

Oké, oké…

> S (en continuant d’être inspiré par le sujet) : Ça me fait chier d’avoir un plan Death dans un groupe Black Métal par exemple! (Rire de Luc)

> O : Non mais moi aussi je suis d’accord

> S : Nan c’est vrai, c’est des trucs aussi cons que ça, on a un groupe de Black Métal ensemble (sous-entendu avec Olivier) dès qui y’a un plan…

(Ayant grand envie de passer à la question suivante à la vue du temps qui passe) Vous aimez le pur jus quoi dans n’importe quoi de ce que vous faîtes c’est radicalement dedans?

> L/S/F/O : Ouais-ouais, exactement.

> S : Enfin y’a pas d’interactions entre nos différents groupes du coup…

Ouais, voilà, c’était ça en fait ma question, est-ce que interagissait ensemble?

> O : Non ça fait jamais doublon

> S : Et ça permet que chacun de ces groupes-là soit vraiment dans son créneau quoi, le fait d’avoir un groupe qui joue vraiment à 2 à l’heure, un groupe qui joue à 1000 à l’heure permet que dans ce groupe qui joue à 2 à l’heure on va pas foutre des blast-beat dans ce truc ; non-non, on fait à 2 à l’heure et là avec Gasmask on trace, on va fond, voilà et sans compromis quoi

> O : J’aimerais pas être à ta place pour retranscrire! (Rire de Luc) On tourne un p’tit peu en rond
là…

Ouais je vais en chier mais c’est pas grave, j’ai l’habitude…j’compilerai, ça m’intéresse…Euh vous pouvez nous parler de vos textes…de quoi ça cause?

> O : Waeu, c’est euh, en , en fait…

C’est pour les gens qui connaissent pas les mots / (maux?) jusqu’-au-bout…

> O : Ouais d’accord, on va dire ça parle de relations sociales entre les gens, on pourrait dire que c’est politique, ça l’est, mais c’est pas que ça aussi, c’est comment Moi je m’inscris dans l’Monde à travers ses problèmes, comment je m’inscris dans cette société… voilà. Les textes traitent sur une perspective plus ou moins libertaire-anarchiste…et voilà.

Oké, c’est du ressenti par rapport à des thèmes sociaux…

> O : C’est beaucoup plus de ressenti maintenant que ça l’était au début de Gasmask où c’était des trucs très politiques, maintenant c’est des trucs plus personnels, y’a eût une évolution dans l’écriture, euh dans l’écriture de textes-de-trois-lignes! (Gros Rire G)

> S : Non, mais il y a une explication de textes à chaque fois!

> O : Et… y’a pas d’explications de textes sur l’dernier album.

> S : Bêh???

> L : Ah oui, non, c’est vrai.

[Y’a micro- bisbille sur l’sujet entre eux, je suppose qu’ils n’avaient pas abordé la question plus que ça tous ensemble mais ça permet de faire une bonne transition pour la suite où on va creuser]

Vos textes étaient traduits en cinq langues sur votre première pochette d’album, vous ne l’avez pas refait après…

> S : Mais ça veut pas dire qu’on va pas le refaire!?…

> O :..Oui, ça, ça me concerne surtout moi au final et les autres ne me mettent jamais la pression là dessus. Ça dépend vraiment de mon état d’esprit et sur l’dernier album il n’y a pas d’explications parce que je me sentais pas de le faire à ce moment-là… En tout cas y’a un thème commun à tous les textes c’est « Comment est-ce-qu’on fait quand on voit l’état du monde et l’état de nos relations entre personnes aujourd’hui, qu’est-ce qui fait qu’on peut continuer à vivre ensemble sans s’entre-tuer? ». Voilà. C’est un peu le fil conducteur du dernier disque.

Je vous avais vu en concert à Clisson y’a à peu près cinq ans et à la fin vous aviez balancés vos textes sur papier dans le public, j’avais trouvé ça original, vous le faîte toujours?

> O : Je l’ai fait très rarement avec Gasmask Terror, on l’a fait plus avec d’autres groupes… C’est vraiment des…C’est…

> F : C’est vrai qu’on pourrait, en fait on y pense pas, c’est tout…

> O : On pourrait… mais comment dire … on n’intellectualise pas vraiment ça…c’est vraiment desenvies à des moments, moi je me sens obligé de rien faire du tout envers personne!

> F : Ça s’inscrit un peu malgré tout dans des pratiques qui se faisaient vachement dans les années 90 dans les groupes français qu’étaient vachement plus politisés où ça distribuait vachement les paroles des chansons parce qu’il y avait vraiment du contenu dans les textes et on tenait dans la scène punk-hardcore de l’époque DIY (Do It Yourself) à ce que les gens comprennent ce qui se passait, qu’ils ne soient pas juste là à assister à un spectacle. Donc ça s’inscrit quand même un peu dans cette tradition finalement quand on l’a fait.

> O : Oui, oui c’est totalement ça

> F : C’est des habitudes qu’avaient été prises dans les années 90 qui disparaissent maintenant c’est vrai mais voilà ; c’est original pour les gens qui connaissent pas cette filiation mais au final on a rien inventé!

>O : On a rien inventé mais si toi tu dis que tu l’avais jamais vu, au final, ça me donne peut-être aussi plus envie de le refaire!

Les récents évènements révolutionnaires en Tunisie et en Egypte, ça vous fait ressentir quoi? Quels avis/quelle analyse portez-vous là-dessus?

> O : Moi mon avis c’est que ce qui semble être un mouvement populaire – ce qu’est plutôt une bonne chose – eh bien l’Histoire montrera peut-être dans les années à venir que cela ne l’était pas forcément…

> O et L : On pense qu’on peut pas avoir vraiment d’analyse tout de suite dessus, y’a pleins de données qui nous échappent, donc pas d’analyse profonde à part « Tant mieux si ils dégagent un dictateur c’est toujours ça de mieux, après c’est pour mettre qui à la place? »

…On sait pas ce que fait la CIA par exemple?

> O : Voilà c’est ça. Ça paraît parano mais ouais la place des Etats-Unis là-dedans…des services secrets français…

>S : Bon sur l’Egypte, les Etats-Unis ça les faits quand même chier ce qui se passe en soi…

> F : Pas forcément parce que Barack Obama il a quand même demandé qu’il dégage (sous-entendu Moubarak et ses sbires). Il a fait un discours hyper-clair là-dessus, donc non, je trouve que c’est un peu trouble justement.

> O/S : C’est forcément trouble…

>F : C’est Israël qui fait la gueule en fait, c’est tout… Après c’est pas facile, c’est vachement de
Géopolitique aussi et nous on est pas non plus des…

>O/L : …On est pas des intellectuels…

> F : Non c’est même pas de l’Intellectualisme, mais on n’est pas des experts quoi!

> S : …Mais si ça reste un mouvement réellement-spontanément populaire, c’est fabuleux dans des pays comme-ça !…Surtout, vraiment, qui ont été bâillonnés. D’autant plus qu’il y avait des fois cette image « En Tunisie ca va, c’est cool… en Egypte, c’est quand même un pays ou c’est beau, ca va, ça
se passe bien… »Non, mais non, ça n’allait pas du tout! Quand on voit les gens qui prennent la parole maintenant pour témoigner librement de ce qu’ils ont vécus, c’est très fort!

> F : Surtout que pour ceux qui doutaient encore, qui croyaient encore au libéralisme et cætera, la Tunisie et l’Egypte c’est exactement les deux pays qui étaient montrés par le Medef et tout ça comme les pays ou l’économie marchait bien / des pays à prendre en exemple et donc s’il y avait encore besoin de discréditer ces idées-là ben ça s’est fait tout seul, l’Histoire le fait toute seule!

> S : En répondant tout ça on donne notre avis en tant que personnes d’un groupe punk/hardcore mais le problème c’est que souvent on nous demande notre avis et on a pas un avis hyper-pertinent sur la question, on est pas des spécialistes…

> F : Mais quand tu vois l’avis des spécialistes en même temps c’est tellement de la merde des fois
aussi!

>S : Oui mais…

> F : Non mais c’est pas grave, tu vois je veux dire notre avis il vaut ce qu’il vaut, c’est sûr on est juste un groupe…voilà, il faut pas prendre ça non plus comme référence…

> S : A la limite, ça serait à nous de faire passer le message , de dire « regarder ce qui se passe là bas», de montrer qu’il se passe des choses comme ça mais après dire les tenants et les aboutissants, c’est plus… c’est vraiment…

C’est pas votre « boulot » quoi…

> F : Ouais voilà, nous on peut juste dire ce qu’on ressent physiquement et après ca vaut ce que ça
vaut…

> S : Ce qui serait génial c’est que ça glisse…Moi c’est ce que je me dis quand je pense à ça, que je vois ça : « Mais si jamais ça venait à glisser sur la France que … / ça va pas se passer./ …mais si jamais il y avait un mouvement comme ça d’insurrection, contestataire, qui venait comme ça à naître en France suite à ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte je trouverais juste comme ça un espèce de « peigné » juste assez fou quoi ( !) : que ça soit le pays « genre » de la révolution française tu vois, qui tape sur toute la population musulmane, arabe en disant « Ouais mais c’est des rebus et tout » et en fait qu’il se passerait la même chose dans celui-ci/Ca viendra pas évidemment… /…mais je trouverais ça assez marrant, assez fou!!

> O : Par rapport à la politisation de la musique, c’est pas un critère fondamental dans notre appréciation des groupes. Moi j’écoute de la musique pas politisée et j’y prends autant de plaisir. Je fais des groupes qui font pas du tout de politique à part dans leurs fonctionnement, donc voilà, il se trouve que dans Gasmask on a des thèmes politiques mais pas seulement donc voilà, on est pas un groupe « anarcho-punk » qui vivons ça à 100%. C’est une facette de nous mais « pas que ».

Du coup, votre vision de la scène crust aujourd’hui dans le Monde et en France…

> O : Alors, c’est ce qu’on disait à l’instant, nous on se sent pas « crust », on est un groupe déjà très hétérogène en fait au niveau peut-être des modes de vie, des…mais même sur des trucs très bateau bdes look vestimentaires, des choses comme ça…On n’est pas crust et on n’évolue pas spécialement dans le milieu crust et c’est pas plus mal, on s’en fout un p’tit peu, on évolue dans le milieu des gens qu’on apprécie et…

> L : …Et la preuve ce soir, on joue dans ce concert où y’a pas un seul groupe de Crust quoi, quoique nous éventuellement si on peut considérer ça comme ça…

Les Moyens sont plus importants que la Fin quoi?

> F : Houlà!??

…Tout à l’heure Olivier disait «Je fais des groupes qui font pas du tout de politique à part dans leurs fonctionnement », donc l’important pour vous c’est plus le fait que ça se passe avec les mêmes idées politiques en fonctionnement que le but final du discours (les paroles) en lui même (elles-mêmes) ?

> O et F : Oui c’est ça, voilà.

> L : Je pense que je peux parler pour tout le monde en disant qu’on préfère jouer dans un concert comme ce soir avec des groupes complètements différents, qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, que dans un concert de Crust avec cinq fois le même groupe qui fait le même style… D’expérience, en général…

> F : C’est assez rébarbatif ouais !

> L : On préfère souvent les soirées comme celle-là car comme on le disait, on aime pleins de trucs différents aussi et puis le mode de fonctionnement nous convient complètement !

> F : Pis tu vois je pense pas qu’on se sente vraiment dans une scène crust, on se situe plus dans une scène punk-hardcore en générale, Do It Yourself.

Par exemple, les groupes d’Emo ca vous inspire quoi?

> F : Ecoutes ça tombe bien que tu poses la question, par exemple on a joué une fois à Toulon y’a quelques années et c’était le groupe « Bokanovsky » qui nous avais fait jouer, c’est un groupe de Screamo vachement intense et franchement moi je me sens plus proche de groupes comme celui-là des fois, que de certains groupes plus estampillés dans notre style qui n’ont pas du tout le même mode de fonctionnement que nous …alors qu’eux c’était des crèmes, ils faisaient ce qu’ils pouvaient pour faire jouer des groupes là-bas, ils faisaient ça dans un super bonne esprit et c’était vraiment bien…

C’est DIY et humilité d’abord!?

> L : Ouais ouais, le critère musical est vraiment secondaire.

> F : C’est vachement affinitaire en fait, plus que l’affinité musicale : même le groupe avec qui on a tourné la dernière fois en Europe, « Lexomyl » , un groupe de Punk-Rock avec chant en français, un peu mélodique, c’est des supers-potes et un groupe dont on se sent vraiment très proche, dans le même truc même si la musique…

> O :…Même si on a pas de chemises à carreaux!

> F : Même si on à pas de chemises à carreaux (Rire) et que la musique est dans une teinte légèrement différente, ca reste du Punk-Hardcore dans des pratiques DIY et un esprit assez commun au final.

> L : Ceci dit on écoute du Crust aussi [ >F : Oui oui… ] et c’est très appréciable de jouer avec certains groupes aussi…

> F : Oui oui, quand on a une affinité avec eux c’est très cool …

> L : Mais on est vraiment pas dans une sorte de…

C’est l’affinitaire qui prime!…

> O/F/L/S : Ouais voilà!!C’est exactement ça!

Comment s’est passé l’enregistrement de votre dernier album (novembre 2009) ?

>O : Eh ben, on a fait ça comme d’habitude, c.-à-d. dans notre local de répèt’ avec un ami qui a un peu de matos et ca nous convient très bien comme-ca. On a jamais été en studio et euh… on s’en branle un peu la nouille pour dire ce qui est. (Rires de F et L)

Donc vous avez des cabines bricolées peut-être…?…des séparations dans votre local?

> O : Que dalle, que dalle, je pense que les gens hallucineraient en le voyant…

> L : Ah ouais! Je pense qu’un ingénieur du son s’arracherait les cheveux en nous regardant enregistrer… C’est de la prise live tout le temps, du bricolage.

> F : Et ça se prête à ce qu’on fait, la musique elle est assez simple de toutes façons, y’a pas besoin de fioritures au niveau du son.

> L : Après on a jamais un son énorme sur les disques mais nous on veut un truc simple, vraiment DIY.

Votre dernier album était sorti au Japon, c’est ce qui a provoqué la tournée de 8 dates qui va prochainement démarrer? Comment ça se profile?

> O : C’est un peu différent de ça : on a un très bon ami français là-bas qui est marié avec une japonaise et ça fait un moment ; il y a sorti le 45 tours qui précédait l’album. Il organise des tournées pour des groupes français là-bas, entres autres « Daïtro » et «State Poison»,… et il se trouve qu’on aime tous les quatre les groupes japonais- vraiment au-delà du raisonnable!

> F (se tournant vers Shiran) : Hé hé hé!Et le Japon en général!

> O : …Et pour certains le Japon en général et donc c’est un grand plaisir!C’est un projet qu’on repousse depuis trois ans pour des raisons diverses et voilà cette année, à un moment on a dit ÇA SUFFIT ! (Rires)… et on y va…et on va acheter des katanas!des nunchakus ! (Tsunami de rires)

> O à F : T’y vas pour ça toi aussi ? Hein ?

> L à O  : T’y vas pour ça toi- hein ?

> O : Ah mais moi j’y vais que pour ça !

> L à O (de silhouette assez maigre) : Toi tu vas finir Sumo aussi !… (Rires de F et S)

> O à L : Mais toi aussi tu dois finir Sumo !

> L : Ouais c’est ça, bé j’ai du boulot alors !

> O : …ou Geisha, je sais pas… (Rires de L /S et F)

> S : Et ça c’est plus jouable que Sumo !

> L : Ouais c’est plus jouable, ça risque de prendre plus de temps, Sumo !

> O : Non mais voilà, encore une fois pour les auditeurs sur papier (Rires) qui n’auraient pas suivis, on y va grâce à un ami qui habite là-bas et c’est encore une fois une histoire d’amitié et de relation. C’est pas un plan de carrière ou quoi, c’est juste…

> L : Une occasion qui s’est présenté par des connaissances.

> F : Et après nos disques ont toujours été distribués là-bas donc …

> O: C’est un style qu’est apprécié là-bas…

> F : Donc, on n’arrive pas non plus genre complètement inconnu-le groupe qu’existe depuis six mois et qu’arrive et qui se fait le Japon…

> O : On va faire des dates avec Jean Reno et je-sais-pas-quel autre français connu au Japon…

> F : Jean-Michel Jarre…

> O :…et Jean-Michel Jarre ouais !

Nouvel album d’alors et d’aujourd’hui : « Like daggers » EP 45 tours 7″ ; Labels : Flower of Carnage, Ratbone /4 morceaux enregistrés « très très vite » pour la tournée au Japon.

Auto-Présentation de l’objet par Auto-Dérisation de Gasmask : « Comme ce qu’on à fait auparavant ! Tout pareil ! » (Shiran MDR), « Y’a pas de différences !» (Olivier éclaté).

En tournée en France du 22 au 30 Mars prochains !(TBA)

Fantastique Japan Tour Report en français, Vidéos, Contact, Merch’, Free Download and more : http://gasmaskterror.free.fr/

Gasmask-terror-tof-5 ruFUs, chien-à- punks !

(*) : 9 Février 2011 : Du côté d’Icroacoa et notamment de sa Commission Com’, on est gonflé à bloc et on prépare la sortie d’une nouvelle feuille de chou irrégulomadaire re-ba-ba-ptisé « l’Ecricoa ». Pour l’occasion donc, j’ai déjà interviewé « Maléo’n’Co », jeune pousse musicale sortie tout droit de la moquette rouge rock’n’roll du local-local de répèt’ Carrousel…

…Quand je vous dis qu’on est gonflés à bloc, la preuve en est qu’on s’est dit qu’on fera paraître le premier num’ dès la fin du mois et qu’on enchainera le second pour une sortie fin mars avec cette entrevue dedans ! Mais voilà le soufflé retombe très vite, sans doute autant d’ailleurs que les aléas de la vie personnelle et associative nous tombent parfois dessus…Bref, le premier exemplaire ne verra finalement le jour se pointé qu’en Août, non sans quelques périodes préalables et évidentes de relâchement, voire de collapse total, mais finalement anéanties par l’anar charmant euh l’acharnement pardon, de quelques-uns et z’unes d’entre nous (Big up encore à Ben H.P et Marjo ! Fuck à ceux qui me taxeront d’auto-congratulant !).
Ensuite et fin comme vous vous en doutez, l’aventure Ecricoa s’est vite terminé avec le privilège, pourrait-on considérer par pur positivisme ou désenchantement, d’être mort jeune ! (plutôt que mort-né) !

Mais revenons-en plutôt à nos moutons (nwar!!!)… Je les avais donc errants sur une bande magnétique depuis tout ce temps-là que Ju Gre, notre webmestre fabuleux, me fis signe fin décembre pour que ce qui suit/précède paraisse enfin sur ce tout nouveau site …

… Resté grandement frustré de ce que j’avais estimé être un manque de respect envers nos potoss dé Bordeausse ( auxquels j’avais alors indiqué le « plan de sorties » ci-dessus !), mais me permettant de deviner au vu des affinités créent lors de l’exercice leur future compréhension face à cette publication plus que tardive, je finis plutôt par me réjouir du fait que je bénéficierai de plus d’espace pour rendre-compte, enfin ( !) , de ce très sympathique moment, chose qui vous l’aurez vu, était plus que nécessaire… !

Merci encore à eux pour leur patience et dispo, à Momone et Ju G. pour leur avis, Chloé et Ben HP pour la mise en forme.

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